La voie de la pratique

La voie de la pratique

Le chemin de développement d’un art authentique en transformation : La voie du pratiquant

Une des caractéristiques des arts martiaux chinois réside dans l’unité entre éthique et technique, entre vertu et apprentissage, dans la recherche d’un haut niveau de perfectionnement lié à la noblesse de l’esprit : c’est l’art chevaleresque chinois.

L’éthique martiale exige de nobles qualités morales : amour de la vertu, esprit de solidarité, curiosité, sympathie pour autrui… Elle installe en parallèle une vertu dans l’action et l’esprit.

Il n’y a pas que la force physique qui compte, l’apparence extérieure du pratiquant, ce qui compte aussi c’est sa façon de penser, d’oublier sa pensée en tant qu’intellect, d’observer et d’oublier son ego. Le Wushu sera donc considéré comme un art qui tend à apprendre aux pratiquants comment fortifier, parfaire ses qualités intérieures éthiques, morales, émotionnelles en parallèle avec sa force et sa souplesse physiques. La bonne action s’exprime à travers un esprit vertueux. Toute action suppose une intention et cette intention, si elle se considère de bonne vertu ou tout simplement bonne, s’extériorisera dans une bonne action. Si on devait appliquer ce principe aujourd’hui, on pourrait dire que la vertu des actes concerne donc la relation de l’élève avec son maître, avec ses camarades, avec sa famille, son entourage, bref : avec l’Autre.

La voie de développement et d’accomplissement du pratiquant peut être définie autour de 4 principaux stades : 

  • La technique martiale : Wushu 

Technique guerrière qui sert à la survie ou à la défense personnelle. Elle est emprunte de l’efficacité au sens pur du terme. 

  • L’habileté martiale : Wuyi 

C’est la technique martiale développée et qui aboutit à l’habileté. Le sens artistique prend le pas sur le rustre. 

  • La Voie martiale : Wudao 

Lorsque les deux étapes sont intégrées, alors se dessine devant nous le chemin qui nous conduit à la maîtrise de nos passions qui s’extériorisent notamment par le corps.

  • La Vertu martiale : Wude 

Lorsque l’efficacité n’est plus votre 1er souci, lorsque l’habileté n’est pour vous que la résultante d’une recherche aboutie, lorsque la voie martiale nous anime, alors la vertu apparaît.

Les trois trésors

L’évolution harmonieuse du pratiquant dépend de l’équilibre entre la santé physique, le flux des émotions, un développement approprié du mental et une profondeur d’esprit. Afin de rendre le pratiquant sensible à ces choses, celui-ci doit développer sa perception et sa sensibilité afin de rendre conscients les différents niveaux d’existence et leurs interactions. 

Ces différents niveaux de conscience sont connus sous la formule des trois trésors « San Pao » 

Terme Chinois

Sens

Correspondance

Jing

Essence

Jambes

Qi

Souffle

Taille

Shen

Energie spirituelle, force de l’esprit

Tête

Le pratiquant d’arts martiaux se doit de développer ces trois trésors, mais bien plus encore il doit travailler à leur unité. 

Ceci peut ainsi être illustré de la façon suivante : 

  • L’homme en partant du vide donne naissance à l’esprit : Xiu Wu Shen
  • Le Shen s’accumule alors et produit la 1ère énergie : Shen Jing
  • En cultivant le Jing on fait naître le Qi : Jing Qi
  • En cultivant le Qi on donne naissance au Shen : Qi Shen
  • En cultivant le Shen on engendre le vide : Shen Xiu Wu 

La prise de conscience du cœur s’ouvre vers le Shen et l’intuition se manifeste alors. Lorsque le Yin et le Yang sont insondables, on parle de Shen. 

« Regarde le ciel étoilé au-dessus de ta tête et le principe vertueux qui est dans ton cœur » Kant

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter